Les 3 qualités indispensables pour être un bon accompagnateur

Vous souhaitez devenir accompagnateur-conseil ?                                                                           Vous vous demandez si vous avez les compétences pour ?

Au cours des huit années passées comme Responsable du Pôle Accompagnement de Fleury Goutte d’Or, j’ai reçu de nombreuses candidatures et, pour répondre aux postulant(e)s,  il m’a fallu préciser les points qui me semblaient indispensables pour être un bon accompagnateur.

En plus d’une évidente qualité d’écoute, il y a trois points qui me semblent essentiels :

  1. Avoir un vécu à partager
  2. Etre humble et bienveillant
  3. Savoir attendre le bon moment

 

  1. Avoir un vécu de musicien à partager

C’est la base de tout : votre expérience du métier de musicien.                                                             C’est ce vécu qui va nourrir votre action d’accompagnement.

La posture de l’accompagnement est comparable à celle du compagnonnage dans les métiers d’Art : un « ancien » expérimenté qui va transmettre son savoir-faire à un « plus jeune ».           Le « plus jeune » dans le sens du métier, pouvant être plus âgé !

Comment imaginer transmettre, et quoi, sans avoir pratiqué ?!?                                                           Cela peut sembler être une évidence dit comme ça.

On ne pose pas la question pour l’ébénisterie, mais pour la musique certains estiment qu’avoir vu beaucoup de concerts est suffisant pour accompagner ou coacher des musiciens.

Lorsque j’ai eu à constituer mon équipe d’accompagnateurs,  j’ai reçu beaucoup de candidatures de coachs qui n’avaient aucune, ou très peu, d’expérience professionnelle en tant que musicien.                                                                                                                                                                Certains étaient même titulaires de DE ou de CA et étaient surpris que j’y attache moins d’importance qu’à leur CV d’artiste (parfois inexistant !).

Vu le profil des projets reçus à Fleury Goutte d’Or, à savoir des groupes assez avancés, je ne pouvais recruter que des accompagnateurs avec une solide expérience de la scène, de la route, du studio…                                                                                                                                                 Bref, une connaissance de tous les aspects de la vie de musicien.

En studio de répétition, d’enregistrement ou sur scène, le groupe va immédiatement vouloir s’assurer de votre légitimité.                                                                                                                          Il en va de votre crédibilité et ce n’est pas une question de diplôme mais bien de vécu.

De plus, il me semblait primordial que chacun des membres de mon équipe ait été porteur de son propre projet.                                                                                                                                            Ce qui est une posture différente de celle de « simple » sideman (musicien accompagnant).

En effet, il me semble important de savoir, pour l’avoir vécu, ce que cela implique d’être leader de son projet.                                                                                                                                                    D’y penser à longueur de journée. D’en rêver la nuit !

Avoir vécu cela, avec son lot de doutes et de remises en question permet d’accompagner les groupes avec beaucoup de respect, de bienveillance et d’humilité.

 

2. Etre humble et bienveillant

Savoir se mettre réellement au service du projet, en toute humilité et avec bienveillance.

Je dis toujours aux groupes que j’accompagne : « Personne ne peut savoir mieux que vous comment vous voulez sonner. »

Je ne suis pas un directeur artistique et j’ai pris soin de ne recruter que des musicien(ne)s que je sentais capable de se mettre au service de… sans velléité de direction artistique.

D’où l’importance, à mes yeux, que les accompagnateurs aient leur propre projet artistique pour s’épanouir.                                                                                                                                        Afin que la tentation de se transformer en directeur artistique-arrangeur-réalisateur pour assouvir leurs envies ne soit pas trop forte.

 

3. La patience

Savoir être patient et attendre le bon moment.

En Accompagnement, le plus important n’est pas ce que l’on a à dire au groupe, mais le moment que l’on va choisir pour le dire.

Les propositions et suggestions viennent en réponse à un questionnement du groupe.               Si le groupe ne se questionne pas et-ou n’identifie pas de problème, il ne sert à rien de lui donner l’information.

Nous n’avons retenu qu’un infime pourcentage de tout ce que l’on nous a enseigné à l’école. Car nous n’avions pas choisi de l’apprendre.

En accompagnement, il va falloir être patient, se retenir de dire, accepter d’être frustré.              Attendre le bon moment, celui où le groupe sera demandeur et prêt à entendre.

En accompagnement, à la différence du coaching et de l’enseignement, c’est l’apprenant qui décide, de la direction mais aussi du rythme d’apprentissage.

 

Conclusion

Comme pour l’enseignement, difficile d’imaginer être accompagnateur-conseil si vous n’avez pas un vécu de musicien professionnel à partager.

Ensuite il vous faudra être capable de vous mettre « au service de », quand bien même la direction voulue par le groupe ne correspondrait pas à ce que vous auriez souhaité proposer et ce, toujours avec bienveillance.

Enfin, votre capacité à attendre le moment opportun pour proposer sera une clé de votre réussite.

D’après vous, quelles seraient les autres qualités nécessaires ?

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