Accompagnement : quelle incidence sur la dimension artistique du projet ?

Question récurrente :

  • Pour les professionnels de l’accompagnement qui ont souvent la crainte d’aller trop loin.
  • Pour les groupes qui craignent de perdre le contrôle de leur projet.

Bien évidemment que l’accompagnement va avoir une influence sur la dimension artistique du projet. Et alors ?

C’est une question fréquemment abordée lors des tables rondes et autres journées professionnelles sur l’accompagnement dans les musiques actuelles.                                                                Pourtant cette question n’a que peu d’importance, si ce n’est qu’elle offre aux tenants des différentes chapelles (accompagnement, enseignement, coaching) prétexte à des échanges animés,

Le plus important reste la posture de l’accompagnateur et la méthode qu’il va mettre en oeuvre.

 

Le groupe acceptera que l’accompagnateur influe sur l’artistique 3 conditions :

  1. Que la posture de l’accompagnateur soit bien claire
  2. Que le déroulé de l’action d’accompagnement soit précisé
  3. Que l’accompagnateur reste neutre dans ses propositions

 

La posture de l’accompagnateur-conseil

Par définition, l’accompagnement-conseil est non-directif.
En effet, accompagner c’est être à côté et avancer dans la direction et au rythme choisi par celui que l’on accompagne.

C’est la grande différence avec l’enseignement où le programme (le chemin) est défini à l’avance.                                                                                                                                                        Ou encore avec le coaching qui a un objectif de résultat à court terme ce qui peut obliger le coach à impulser un rythme.

Le groupe doit comprendre que les propositions de l’accompagnateur sont bienveillantes et désintéressées (on en parle ici).

Il ne prendra pas de points d’arrangements, pas de pourcentage sur les revenus du groupe ni ne proposera de contrat d’édition. 😉

 

La méthode d’accompagnement

Ensuite, il est souhaitable de bien préciser le déroulé et de le faire valider par chaque membre du groupe.                                                                                                                                                         D’autant plus si le projet est porté par un auteur-compositeur-interprète accompagné par des musiciens un peu moins impliqués.

C’est la condition sine-qua-none pour que l’accompagnement porte ses fruits.
Que chacun des membres du groupe accepte d’essayer tout ce que je vais lui proposer.

 

Lorsque je rencontre un groupe, je lui présente ce qu’il va se passer, en 4 étapes :

  • Audition du groupe (en studio ou sur scène),
  • Entretien sur le projet et mise à jour des objectifs du groupe,
  • Essai de ce que je vais proposer. Ce point est non négociable. Et il est parfois nécessaire que le groupe prenne un peu de temps sur cette étape avant de passer à l’étape suivante. La première réaction face au changement pouvant être « c’était mieux avant ! ».
  • Validation de tout ou partie de la proposition.

 

Avec un tel déroulé savoir si l’on touche à l’artistique ou pas, n’a que peu d’importance. Puisqu’au final c’est le groupe, et lui seul, qui décide.

Cette posture est rassurante et ce déroulé très confortable pour les groupes.Notamment pour ceux qui ont eu à faire à des coachs plus directifs.
De ceux qui n’hésitent pas à dire « il faut que… » ou « j’ai besoin que tu me donnes… » et autres expressions sans appel qui ne laisse que peu de place au libre-arbitre du groupe.

 

Toutefois, il y a un piège à éviter !

Souvent au yeux du groupe, vous êtes « Celui (ou Celle)-Qui-Sait », avec les majuscules !
Et beaucoup de groupes préfèrent céder à la facilité de systématiquement valider votre proposition plutôt que de se questionner.

Ils se l’approprient avec enthousiasme sans même la remettre en question.
C’est tellement plus facile !

Et vous vous retrouvez dans un rôle de directeur artistique ou même de coach à l’insu de votre plein gré !

Toujours dans le but de développer les capacités d’auto-gestion artistique du groupe, j’ai testé une technique qui fonctionne à tous les coups pour éviter cet écueil.

 

Ma technique pour éviter ce piège ?

C’est très simple : après avoir fait une proposition argumentée et dès que le groupe l’a validée, j’en fais une seconde.                                                                                                                              Très différente, voir même complètement opposée, mais tout aussi argumentée. (parfois cela me demande un gros effort d’imagination !)

Arrive alors le moment où le groupe ne comprend pas trop et demande « mais alors ? qu’est-ce qu’on fait  ? »

Et je réponds :

« Essayez et choisissez !                                                                                                                                  Souvenez-vous : personne (!) ne peut savoir mieux que vous comment vous voulez sonner. Même le meilleur des accompagnateurs, coachs, directeur artistique ou … »

(remplacez les points de suspension par n’importe quel métier de professionnel de la musique et-ou de la transmission) 😉

 

Pour résumé, peu importe que l’on touche à l’artistique ou pas si :

  • La posture de l’accompagnateur est clairement présentée et comprise,
  • le déroulé est clair : objectif -> proposition -> essai -> validation (ou pas),
  • L’accompagnateur est en mesure de faire au moins deux propositions à chaque demande du groupe.

 

Et vous, vous êtes accompagnateur ou coachs ? Comment procédez-vous ?

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