A qui devez vous plaire pour espérer avoir une chance de réussir dans la musique ?

Les parcours artistiques sont parsemés de moments de doutes et de questionnements.             C’est aussi ce qui les rend si excitants.

Vous vous demandez parfois comment faire les bons choix ?

Et autour de vous, tout le monde est prêt à vous donner son avis : amis, professionnels de la musique, programmateurs, coachs…

Alors, qui écouter pour espérer avoir une chance de réussir ?

Vous !

Vous êtes la première (et la dernière) personne que vous devez écouter au moment de faire un choix.

Toutes les réponses que vous cherchez sont en vous.

Je dis aux groupes que j’accompagne :

« Personne ne peut savoir mieux que vous comment vous voulez sonner. Personne ! ».

 

Tous vos choix doivent avant tout vous correspondre.

Jouez la musique que vous souhaiteriez écouter.

Faites le concert auquel vous souhaiteriez assister.

Et bien évidemment, cela s’applique aussi aux choix stratégiques de développement de carrière.                                                                                                                                                          Je vous encourage à pratiquer l’auto-gestion de votre direction artistique.

Votre projet, VOUS appartient et à vous seul.

 

Tout le monde a un avis sur votre projet …

 … et chacun voudra vous le donner !

 Tout le monde à un avis sur tout : votre musique, votre identité visuelle, votre site, votre charte graphique, les polices de caractère, votre stratégie de développement.

Et j’ai vu trop d’artistes se perdre en tenant compte d’avis de tiers, notamment quand il s’agissait de pros « expérimentés », plutôt que d’être à l’écoute de leurs propres envies.

Lorsque j’étais Responsable de l’Accompagnement à FGO-Barbara, j’ai été très surpris que des musiciens me demandent des conseils de stratégie de développement alors que je suis musicien, sans aucune expérience en management ou direction de label ou booking.

Avant de suivre un conseil, renseignez-vous sur le background de celui ou celle qui vous le donne.

J’ai même entendu des journalistes donner des conseils d’arrangement ou de mix à des musiciens.

Imaginons une seconde l’inverse, que des musiciens expliquent à un journaliste comment écrire ! 😉

Chacun(e) n’est pas légitime pour vous donner son avis même s’il ou elle le pense !

Chaque interlocuteur à son avis, par rapport à son vécu, ses expériences et sa sensibilité.      Sauf si vous êtes très intimes et partagez cette sensibilité, suivez toujours plutôt votre intime conviction.

 

Comment faire vos choix ?

C’est très simple : soyez le premier spectateur de votre projet.

Ce sont vos oreilles qui doivent décider de tout.

 Vous devez être le premier fan de votre musique, de votre identité visuelle, de vos concerts.

Soyez sans concessions.

Tout doit vous plaire, chaque note, chaque mot, chaque son.

Tant que vous n’êtes pas satisfait à 100% (voire un peu plus 🙂 ), re-travaillez !

Plus votre personnalité artistique et votre singularité seront affirmées et assumées, plus vous serez à même d’attirer les bons partenaires pour votre projet.

J’entends par bons, ceux qui correspondront à votre sensibilité humaine et donc, artistique.

Que ce soit un manager, un graphiste, un web-master…etc vous avez besoin que, au-delà des compétences de chacun, il y ait une harmonie des sensibilités afin que votre projet soit cohérent sous tous ses aspects.

De plus, c’est exactement ce que recherchent les professionnels : de la singularité. Et ce, plus que jamais, vu la conjoncture de l’industrie musicale et le nombre de projets musicaux aspirant à se professionnaliser.

Ces dernières années n’ont émergé que des artistes à forte identité et cultivant et assumant leur singularité.

 

Vous êtes et serez toujours seul(e)

Il est d’autant plus important que vous assumiez la totalité de votre propos artistique que vous serez toujours seul(e) pour le défendre.

Souvent des élèves ou des musiciens en accompagnement m’ont questionné sur le rapport à la critique.

Comment réagir ?                                                                                                                                             Comment défendre son projet ?                                                                                                                   Comment ne pas s’effondrer face à une critique négative ?

Ma réponse : en assumant vos choix !

Si tous vos choix sont UNIQUEMENT guidés par vos goûts, vos envies, votre plaisir… et rien d’autre, vous resterez serein(e) face à la critique, d’où qu’elle vienne.

Il ne s’agira juste que de « goûts et les couleurs » 😉

Donc, ne surtout pas tenir compte de considérations du type :

  • qu’est-ce qui marche en ce moment ?
  • qu’est ce qui pourrait plaire aux pros ?
  • qu’attendent les programmateurs ? (combien de groupes sont devenus « électro » en se séparant de leur batteur, juste parce que ça allait être plus simple pour tourner !)

Toutes ces considérations et autres du même genre, vous feront au minimum perdre le sens de votre projet, au pire aller directement dans le mur.

Une sensibilité ne se discute pas. On est touché ou pas.

Soyez touché par votre musique.

Si vous êtes convaincu par votre musique, vos serez solide face aux critiques puisque vous serez fidèle à vous-même.

Et partant du principe que l’on ne peut pas plaire à tout le monde…

Je pense qu’il n’y a rien de plus difficile que de recevoir une critique sur quelque chose que vous n’assumez pas, ou par laquelle vous n’êtes pas complètement convaincu.

 

Conclusion

Vous êtes l’identité de votre projet artistique.

La seule chose qui différencie votre projet des autres, c’est votre sensibilité.

De là va découler le choix de vos mots, vos notes, votre son, votre image etc…

Il n’y a pas de bon ou de mauvais choix, il n’y a que vos envies…

Bon ça se complique quand les envies sont partagées.                                                                       En vrac ces dernières années : ukulélé, puis micro-korg, puis maquillage sur les joues… 🙂

Idem pour la stratégie de développement.

La mode est aux conseilleurs, coachs et autres journées d’information sur « Comment développer votre projet ? »

Deux remarques :

S’il y avait une recette, ces mêmes conseilleurs l’appliqueraient eux-mêmes. 😉                        C’est la même histoire que pour la ruée vers l’or, ce sont ceux qui vendaient les pelles qui ont fait fortune 😉

D’autre part, pour avoir assisté à quelques unes de ces journées, tous les artistes repartent avec les mêmes conseils et idées de développement.                                                                                     Il y a mieux pour cultiver sa singularité, non ?

Pour conclure je citerais le grand Georges Brassens :

« Je ne peux m’empêcher de penser à celui qui disait que les ornithologues en savent beaucoup plus sur les oiseaux que les oiseaux eux-mêmes, mais que jamais on a vu un ornithologue voler. »

Soyez vous-mêmes !

😉

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10 réflexions au sujet de « A qui devez vous plaire pour espérer avoir une chance de réussir dans la musique ? »

  1. Cécile

    J’avoue que j’ai eu très peur en lisant le titre de cet article
    Je me suis immédiatement dit: « une ennième fois quelqu’un qui va nous expliquer la recette du succès, quel style d’arrangements, de textes, de fringues, de l’utilisation d’Internet, de mode… »
    Et finalement j’ai été ravie de le lire Merci
    Signé Une artiste et coach qui cherche À faire émerger la singularité et la personnalité dans les projets (et surtout dans l’expression par la voix)

    Répondre
  2. djapat

    merci merci !! en plein doute , ton article m’a remis face à l’essentiel 🙂 être en accord avec soi et tout roule, et cela a toujours marché quand j ai fonctionné comme ça malgré mon faible niveau technique.. Tant que je suis authentique, cela me parle et touche ceux qui y sont sensibles , car il n’y a pas de tricherie..Cependant, je suis dans une école depuis bientôt 2 ans et ai l’impression d’y perdre ma confiance initiale car je n’ai « pas le niveau » et pourtant je tourne déjà en tant que bassiste dans divers groupes en poste fixe et en remplacement…et en tant que chanteuse dans mon propre projet…donc merci de me permettre de remettre les pendules à l heure 😉

    Répondre
    1. Karim Kanal Auteur de l’article

      Avec plaisir ! c’est l’objectif de ce blog… 😉

      Attention aux écoles ! J’ai enseigné dix ans dans une école de musiques dites actuelles, et j’ai pu constater que ce n’était pas toujours (souvent ! ) la solution idéale.

      Il y a plein de voies pour vivre la musique (je n’ai pas mis « de » volontairement) !

      Qu’est-ce que cela signifie « ne pas avoir le niveau » ? Certaines écoles ont voulu obtenir une reconnaissance de l’Etat en créant des diplômes et en calant leur système d’évaluation sur celui des Conservatoires (examens, notes, « diplômes » etc), perdant ainsi ce qui faiasait leur singularité.

      Que l’on évalue encore la capacité à lire la musique en 2017 me parait assez étrange. Si le premier sens de la musique est l’ouïe (et non pas la vue) il n’est pas si important de savoir lire depuis , et c’est assez récent, que l’on peut enregistrer les sons !

      Et pour illustrer ton propos,il y a quelques années un bassiste pro qui avait tourné pendant des années avec une star de la musique Africaine n’ a pas été reçu à l’examen de fin d’année d’une école de musique censée former et évaluer des musiciens pros ! Comme quoi … 😉

      Bonne continuation…

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  3. DRIDER

    Super article, très intéressant et surtout qui aide à y voir plus clair, qui écouter ?? Ben soi-même …merci Karim pour ces conseils 🙂

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